Portrait

Stanislas : une vie… magique !

Coj

Journal de Veyrier

Juin 2009

 

 

C’est écrit « Prestidigitateur » sur tous ses papiers officiels. Stanislas est magicien professionnel, membre du très fermé club des Magiciens de Genève, un père de famille,  qui vit son art depuis bientôt trente ans.

Un amoureux du spectacle qui s’émeut encore à l’évocation des plus beaux numéros qu’il a vu dans sa vie.

Sensible donc, comme un vrai artiste.

 

Il a 13 ans lorsqu’un ami lui fait découvrir l’école de magie de La Gradelle. On est alors au milieu des années septante et c’est une révélation. Deux ans plus tard, le professeur étant appelé à d’autres fonctions, le jeune magicien se retrouve à la tête de l’école. Il remplace aussi son mentor dans un spectacle monté avec un jeune chanteur "Didge".
Il prendra le pseudo du maître, il s’appelle alors Malix’ims.

 

La tournée des spectacles commence et passe dans presque toutes les communes du canton. Son ami effectuant des numéros d’imitation et notamment sur des airs de Claude François, le duo recherche les inévitables Claudettes. Et l’une d’entre elles jette un sort à notre prestidigitateur : elle deviendra quelques années plus tard son épouse, puis la mère de ses deux fils et surtout sa partenaire sur scène.

 

Sa carrière démarre donc sous le nom de Malix’ims, puis de Malix, mais l’illusionniste n’en est pas satisfait. Il a toujours aimé le prénom de Stanislas et souhaitait le donner à ses fils. Mais la maman n’est pas d’accord. Alors, finalement, cela devient en 1992 le nom de scène de l’artiste.

 

Creuset magique

 

Genève a une étonnante tradition magique. « C’est un incroyable vivier d’artistes prestidigitateurs, dont certains sont d’envergure internationale » s’enthousiasme Stanislas qui cite volontiers Jean Garance, Fred Roby, Pavel ou Jean De Merry, sans oublier le Professeur Magicus.

 

Avec eux et après eux, il cultive l’ancestrale tradition du secret contre lequel se heurte un peu l’enseignement : pour transmettre, il faut expliquer. Et expliquer, c’est déjà divulguer des petits bouts de secrets…

Mais Stanislas se prête au jeu parce qu’il veut continuer à vivre de son art, sans toutefois rompre le serment fait à son entrée au Club des Magiciens de Genève en 1980.

Il faut élargir ses activités. Actuellement, de nombreux projets se bousculent dans son agenda : la création d’un nouveau numéro international, une éventuelle collaboration avec la télévision, la direction de camps de vacances axés sur la magie, et le développement de tout ce qu’il appelle les « produits dérivés ». Parce que la vie professionnelle d’un magicien est faite de « saisons » plus ou moins lucratives. Et dans les moments plus calmes, il retrouve ses outils ou ses dessins : « Pour être un bon magicien, explique Stanislas, il faut savoir partir dans son rêve, savoir comment le réaliser et être très bricoleur ». Pour le bonheur du public, simplement.